Une salle de classe, un établissement huppé, un professeur et ses élèves. Une situation quelconque qui, en l’espace de quelques secondes, va virer au drame. L’enseignant se jette par la fenêtre, sous les yeux de ses jeunes prodiges. La classe de 3ème1 est une cellule test, composée d’élèves brillants et d’élèves surdoués. Quelque chose s’est passé, mais quoi ? Qu’est-ce qui a poussé cet enseignant a passé à l’acte ? Ce n’est que lorsque son remplaçant, Pierre Hoffman (Laurent Lafitte), arrive que les choses tendent à croire que les élèves y sont peut-être pour quelque chose.

Premier film de genre français de l’année, L’heure de la sortie est le second effort du réalisateur Sébastien Marnier. Après Irréprochable en 2016, qui infusait une tension à un récit très classique et permettait à Marina Foïs d’exceller dans un rôle vampirique, L’heure de la sortie retente le tir sous la forme d’une parabole écologique. Malheureusement, les quelques prémisses largement curieuses et exposées dans son premier long ne se retrouvent pas ici. En choisissant d’adapter un roman de Christophe Dufossé, Sébastien Marnier ne sait plus sur quel pied danser entre tension psychologique, drame et fantastique. Car oui, sur le papier, L’heure de la sortie aurait pu être un formidable cross over à la frontière des genres. Sur l’écran, les ambitions sont partiellement absentes.

Si les jeunes élèves illustrés dans le film sont des surdoués, ils n’en sont pas moins représentés comme très prétentieux. Une prétention qui leur créée des problèmes vis-à-vis de leurs camarades de classe. Une violence émane donc de ces propos et de ces actes. Problème la tension que cela génère n’arrive jamais à se faire motrice du film. Pour amener le malaise, Sébastien Marnier s’amuse avec le jeu de ses comédiens, et des angles de caméra qui les place comme une menace pour leur enseignant. Sauf que ça ne fonctionne jamais. Au mieux, il arrive juste à nous mettre dans l’embarras, ne sachant pas quoi penser du spectacle qui se déroule sous nos yeux. Les expériences « dangereuses » auxquelles se prête cette bande de jeunes prêtent parfois plus à sourire qu’à instaurer une quelconque gêne. Alors oui, on reconnaît bien ici et là les références au Village des Damnés, à Haneke ou encore à Kafka, il n’empêche que la sauce a du mal à prendre. Cela en devient même un artifice mécanique qu’il est difficile de prendre au sérieux. Beaucoup de maladresses s’accumulent, qu’elles soient dans le traitement des personnages secondaires qui n’ont qu’une valeur insignifiante ou dans un plan final paresseux qui appuie à fond sur le propos au cas où vous n’auriez rien saisi au film.