Prenez une pincée de Stranger Things, une cuillère à soupe de Fright Night et des Goonies, plus une bonne grosse dose de Super 8 et de Fenêtre sur cour et vous obtenez Summer Of 84. Produit et réalisé par le collectif RKSS (François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell), à qui nous devons déjà Turbo Kid en 2015, Summer Of 84 est un petit thriller sans prétention qui nous raconte l’enquête menée par quatre jeunes de banlieue sur leur voisin policier qu’ils pensent être un tueur en série.

De la nostalgie provoquée par le contexte de l’histoire située dans les années 80, le trio ne crée pas de pastiches. Contrairement à Stranger Things qui appuie à fond sur la pédale en enchaînant les références musicales et visuelles à l’écran, Summer Of 84 la joue beaucoup plus subtile. C’est plus dans l’enchaînement de l’action et le développement des personnages que le film s’amuse à divulguer ici et là ses références à l’époque eighties. Les quatre garçons répondent tous à un cliché qui ne va pas sans rappeler les films de John Hughes. Le gentil garçon, le geek, le rebelle et l’obèse, tous au moins représentatif d’une insouciance et d’une liberté de penser propre à l’enfance. Malheureusement pour certains, le rôle reste beaucoup trop enfermé dans son stéréotype. La jeune baby-sitter que les garçons s’amusent à regarder se dévêtir depuis une fenêtre de chambre reste, par exemple, cloisonnée dans son rôle de jeune fille souffrant du probable divorce de ses parents. Quelques lignes de dialogues un peu trop écrites et évidentes, et le tour est joué. Cela ne permet jamais aux personnages d’exister réellement, et de trouver une quelconque profondeur qui les rendrait d’autant plus attachants aux yeux des spectateurs.

A force de rester en surface avec ses personnages, Summer Of 84 ne dépasse jamais beaucoup plus ses limites avec le développement de son histoire. Une fois pris dans l’engrenage du mystère et du whodunit, le film fait étonnamment du surplace, enchaînant les scènes clés telles qu’on les attend dans ce genre. Néanmoins, le film prend assez de détours pour nous empêcher de deviner la fin trop rapidement même si les dialogues restent trop explicatifs pour instaurer un côté ludique à l’enquête. Il y a quelques montées en puissance et des moments de tension particulièrement marquants que l’on doit surtout à l’interprétation de Rich Sommer dans le rôle du voisin. Des moments qui sont aussi bien soulignés par la musique composée par le groupe Le Matos qui rappelle par moments les scores composés par John Carpenter à l’époque.

Summer Of 84 aurait dont largement gagné à soigner son écriture, cependant on reste assez ébahi par la fin qui traite avec nihilisme (assez rare dans ce genre de film pour le remarquer) les désillusions de l’enfance et la peur de grandir.