The Lost Movie Theater

Le Book Club (2018), Bill Holderman

Le Book Club réalisé par Bill Holderman

On pensait voir défiler les pages, on a vu défiler l’ennui. Sur l’affiche, Le Book Club nous proposait une vitrine de stars sexagénaires, voir octogénaires. On pensait alors se retrouver devant une comédie qui s’opposerait au tout venant des codes hollywoodiens. Finalement, on nous a resservi la même recette qui bouillonne depuis un trop grand nombre d’années. La gêne s’installe alors rapidement devant le film de Bill Holderman qui ne semble pas très à l’aise avec l’exercice et qui ne sait que faire de ses quatre têtes d’affiche.

Elles sont amies depuis leur tendre enfance. Toutes les semaines, Vivian, Diane, Sharon et Carol se retrouvent pour le Book Club, un club de lecture qu’elles partagent. L’occasion pour elles, outre le fait de discuter littérature, de faire le point sur leurs vies, professionnelles et sentimentales. Enfin pour la littérature, on repassera. Au lieu de s’amuser avec les codes littéraires et ce que les grands romanciers peuvent avoir comme influence sur nos vies, Le Book Club ne se concentre au final que sur une trilogie : Cinquante nuances de Grey. Et les influences ne seront pas nombreuses. On se passera de commentaires sur la qualité des romans d’E.L. James, néanmoins on ne peut s’empêcher de penser que la référence fait un peu trop dans la légèreté. Surtout qu’elle n’inspire pas grand-chose chez nos héroïnes qui se contentent de faire une moue ébahie et/ou choquée lorsqu’elles lisent les ébats sexuels de Christian Grey. C’est donc à peu près tout ce que propose le film en matière de référence littéraire connotée dans son titre. Le Book Club n’est qu’un prétexte. Il ouvre juste la voie à des portraits de femmes, d’un autre âge, que l’on n’a pas l’habitude de voir sur les grands écrans.

Donner les rôles principaux à des femmes, qui plus est qui ont déjà largement dépassé la soixantaine, commence tout doucement à faire son chemin à Hollywood. Le Book Club n’en profite jamais. Bill Holderman se contente d’une succession d’histoires plus anecdotiques les unes que les autres. Alors que Sharon découvre les joies des rencontres sur internet, Vivian retrouve un amour de jeunesse. Diane, quant à elle, se surprend à tomber à nouveau amoureuse alors qu’elle vient de perdre son mari. De son côté, Carol essaie de pimenter la vie sexuelle de son couple. Rien d’inédit dans tout cela, les comédies romantiques made in Hollywood nous ont répété mille fois la même histoire. La seule originalité du Book Club reste qu’elles sont abordées sous l’angle du temps qui passe et qu’il est encore possible de trouver l’amour après soixante ans. Le film peine cependant à nous émouvoir car il oublie tout simplement de développer son sujet. Quelques dialogues font mouche, et les tics bien placés de Jane Fonda nous font rire, mais rien ne vient véritablement sauver l’entreprise de ce scénario bien maigre en rebondissement. La sensation de déjà vu perdure, on fait du surplace pendant 1h30 et ce n’est pas le rythme qui viendra nous sortir de notre torpeur. Pire, la cohésion de groupe ne prend même pas. Pour un film censé se baser sur un groupe d’amies, on cherche toujours l’alchimie entre les actrices. La faute à une écriture trop espacée et qui ne définit jamais de dimension pour ses personnages. Chacune reste enfermée dans son cadre d’action.

A force de vouloir évoquer ce qui a fait le charme des comédies sentimentales des années 90 et 2000, Bill Holderman se noie dans une histoire bien trop sage et édulcorée. Les bons sentiments prennent beaucoup trop d’espace et finissent par ennuyer le spectateur. Le Book Club avait quelques atouts de son côté pour au final ne rien exploiter. Lisse, sans charme, tout le contraire de ce qu’on attendait de cette guimauve censée nous donner du baume au cœur.

 

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