The Lost Movie Theater

Insidious : la dernière clé (2018), Adam Robitel

En 2011, James Wan créait l’événement avec Insidious, film de maison hantée à la mise en scène maîtrisée. Avec plus de 97 millions de dollars amassés, une suite, toujours réalisée par James Wan, s’en est suivie. Puis une deuxième. Enfin, une troisième nommée Insidious : la dernière clé. Exit James Wan, qui reste à la production mais qui passe les manettes à Adam Robitel. Au scénario, c’est Leigh Whannell qui est en charge après avoir participé activement à la saga en tant qu’acteur mais aussi en tant que réalisateur du troisième opus. La tâche est lourde pour Adam Robitel, les suites à rallonge font rarement de bons films, d’autant plus qu’Insidious a la particularité de signer des suites plus que correctes.

Insidious : la dernière clé joue le rôle de préquelle. Le film s’ouvre sur la jeunesse d’Elise Rainier, la médium des trois premiers films, dans le Nouveau-Mexique. Martyrisée par son père qui ne veut pas qu’elle use de son don pour communiquer avec les morts, Elise se retrouve hantée par un esprit démoniaque. Des années plus tard, Elise est contactée pour lutter contre une présence diabolique dans sa maison d’enfance. Des risques, le scénario n’en prend pas beaucoup. Cette troisième suite ressemble plus à une origin story du personnage d’Elise pour justifier de son existence dans la saga. Cependant, le background du personnage n’a pas à rougir, il est juste mal exécuté. De son enfance, on retient surtout une scène d’ouverture qui s’amuse à jouer avec le hors-champ pour terrifier le public, seul moment d’effroi réussi du film. Adam Robitel n’est pas James Wan, malgré quelques tentatives de créer une tension, le réalisateur ne parvient jamais à maintenir une sensation de peur. A l’instar de Ça (2017) d’Andy Muschietti, le film use tellement de jump scares que l’effet de surprise fait l’effet d’un ballon de baudruche. La mise en scène, pauvre en personnalité, n’est donc jamais à la hauteur de l’histoire visée. Elle arrive même à desservir par moments la note d’intention du scénario écrit par Leigh Whannell. Le sound design, grande marque de fabrique de la saga, se voit complètement sous-utilisé dans cet épisode. Ce dont James Wan se servait sur les deux premiers films pour imposer une ambiance de terreur, s’efface ici au détriment d’une musique désuète.

Tout est lourdingue dans Insidious : la dernière clé. L’humour et la caractérisation des personnages n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Les deux enquêteurs qui accompagnent Elise dans ses missions, sont ici passés de personnages secondaires à des personnages centraux du film. Ils viennent sans cesse parasiter l’action et le déroulement des scènes d’angoisse comme si il s’agissait de désamorcer la terreur dès qu’elle pointe le bout de son nez. Là où James Wan jonglait parfaitement avec l’humour pour permettre au public de respirer, Adam Robitel, lui, use de blagues grotesques tout au long de son film. Les personnages secondaires se retrouvent alors à faire de la figuration, sans même participer à l’avancée du récit. Pire, cela amplifie les trous déjà bien présents dans l’intrigue. Alors que ce quatrième opus voulait jouer sur la corde sensible de l’histoire en proposant un point de vue inédit sur le passé d’Elise, c’est le manque d’ambition de la mise en scène qui vient gâcher l’entreprise.

 

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