Sunday 22nd April 2018,
The Lost Movie Theater

Happy Birthdead (2017), Christopher Landon

Le slasher semble revenir en force dans les salles obscures. Et qui d’autre que la société de production de Jason Blum, Blumhouse, pouvait s’en occuper ? Après le succès monstre de Get Out en début d’année, le producteur s’associe au réalisateur Christopher Landon pour lancer Happy Birthdead. A la croisée d’Un Jour Sans Fin et Scream, le film n’a pas l’intention de révolutionner le genre mais surtout de divertir et de faire rire, avec quelques frissons en bonus.

Tree est une jeune étudiante. Pas très agréable avec les gens qui l’entourent, elle se réveille le jour de son anniversaire dans la chambre de Carter, un autre étudiant qu’elle a croisé lors d’une fête un peu trop arrosée. La journée semble se dérouler normalement jusqu’à la tombée de la nuit lorsque Tree est sauvagement assassinée. Soudain, elle se réveille à nouveau dans la chambre de Carter et se rend compte qu’elle revit exactement la même journée jusqu’à son meurtre. Tree se retrouve dans une boucle temporelle qui va lui permettre de mener l’enquête sur son meurtrier et essayer d’échapper à la mort.

Happy Birthdead n’échappe pas du tout aux stéréotypes et ne cherche d’ailleurs pas à s’en défaire. L’humour omniprésent s’amuse des clichés réguliers du teen movie américain. C’est donc un emballage pop que nous présente le film, les repères sont habituels et plutôt bien vu pour que le spectateur se sente aussi à l’aise que son héroïne dans son univers. Ainsi, lorsqu’une journée recommence pour Tree, les événements s’enchaînent tout aussi naturellement que lors de la précédente sans nous laisser de côté. La mécanique est bien huilée, et Happy Birthdead peut se targuer d’avoir le sens du rythme. Le montage se montre efficace, et Christopher Landon s’amuse à détourner par de légères variantes les événements attendus lorsque Tree prend conscience qu’elle revit infiniment la même journée.

Sur le plan formel, il n’y a pas grand-chose à redire. Le concept se déroule sans accroche et le scénario est assez malin pour nous surprendre, on se demande toujours si Tree échappera à son meurtrier ou si ce n’est pas le cas, comment cette fois il arrivera à la tuer. Les meurtres ne sont pourtant pas des plus originaux et restent assez timides, le film n’est pas avare en scène choc ou gore. Pour un film d’horreur, le film reste assez lisse sur le plan graphique mais c’était sans compter sur l’orchestration apporté par Bear McCreay sur le score qui apporte une ambiance stridente et souvent angoissante lors des scènes de meurtres. Ajoutez le masque de poupon porté par l’assassin, et la sauce prend miraculeusement pour nous mettre les nerfs à rudes épreuves lors de séquences poursuites rondement menées.

La caractérisation de l’héroïne reste néanmoins souvent à côté de la plaque. Jessica Rothe joue Tree avec un délice et une autodérision rare à l’écran. L’actrice est la révélation du film, dommage que le scénario ne lui donne pas plus d’éléments en mains pour apporter plus de relief à son personnage. L’écriture est hésitante lorsqu’il faut traiter le caractère bien trempé de la jeune femme. Le film va jusqu’à transformer la ligne narrative du personnage en une espèce de rédemption mielleuse et remplie de bons sentiments. Même la relation naissante qu’elle entretient avec Carter est souvent sous-exploitée, ne laissant pas à son acteur, Israel Broussard, l’espace nécessaire pour prendre son envol.

Happy Birthdead a du mal à assumer complètement ce qu’il voudrait vraiment être en tant qu’objet cinématographique. La comédie prend le pas sur le slasher, et inversement, mais au contraire d’un film comme Scream qui savait user de ses références et détourner les attentes du public, le film de Christopher Landon ne propose jamais plus que son postulat de départ. Les twists, la tension et le jeu de son actrice principale reprennent bien heureusement le dessus pour au final proposer un univers assez fun et inventif pour ne jamais ennuyer.

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