The Lost Movie Theater

Les films du mois: Novembre 2017

THOR : RAGNAROK

On pensait entrer dans une nouvelle ère du Marvel Cinematic Universe après Spider-Man : Homecoming et sa volonté d’imposer une écriture singulière et des points de vue rafraîchissants. Thor : Ragnarok affirme tout l’inverse. Le parti pris est clairement de faire rire le public, et cela fonctionne occasionnellement. Le scénario emprunte des chemins de traverse et tourne en rond sans jamais définir d’enjeux. Pire, il oublie même de construire son histoire. Taika Waititi, nouveau réalisateur au sein de la toute puissante Marvel/Disney, n’arrive jamais à prescrire à sa mise en scène une audace aussi musclée que celle de Thor et Hulk réunis. La grande méchante du film, interprétée par Cate Blanchett, est sous-écrite et la menace apparaît comme incomprise à l’écran. Thor : Raganarok prouve une énième fois que chez Marvel on a surtout affaire à des films de studio menés tambours battants par des producteurs et non plus par la force visionnaire d’un metteur en scène. On sourit, en vain, mais le film est vite oublié.

4/10

CREEP 2 (2017), Patrick Brice

En voilà un drôle d’objet, cynique et terrifiant. Après Creep en 2014, Patrick Brice revient avec son acteur, Mark Duplass, pour nous offrir une suite digne de ce nom. A mi-chemin entre la comédie noire et l’horreur, Creep 2 crée un malaise malsain chez le spectateur. En suivant les prémices du premier film, le scénario est assez malin pour ruser de leurs utilisations. Pour éviter de se répéter, Creep 2 construit un personnage secondaire à l’opposé du précédent, interprétée par l’excellente Desiree Akhavan. L’interaction avec Josef, le psychopathe seul et pathétique, devient alors inédite. Patrick Brice s’amuse avec les attentes du spectateur et arrive à surprendre jusqu’à la dernière image qui nous rend impatient pour Creep 3.

7/10

JIGSAW (2017), Michael Spierig & Peter Spierig

Huitième épisode de la franchise Saw, Jigsaw déterre une saga qui n’en valait vraiment pas la peine. A bout de souffle depuis au moins sept films, Jigsaw essaie de rebooter le concept comme une sorte d’hommage à la boucherie passée. Après une séquence d’ouverture pseudo-choc, le film s’enlise dans les carcans habituels de la saga. Acteurs de seconde zone, scénario bâclé, mise en scène à côté de la plaque, il n’y a pas grand-chose à sauver, même pas le twist final, ridicule et sans saveur. Le plus étonnant c’est que le film ne s’efforce même pas à rendre ses meurtres ingénieux ou gore. Que reste-t-il à sauver de cette saga ? Nous n’aurons certainement pas la réponse dans l’épisode neuf.

2/10

MOONLIGHT (2016), Barry Jenkins

Basé sur une pièce de théâtre de Tarell McCraney, Barry Jenkins signe un film d’une grande pudeur. Moonlight est structuré en trois actes, cependant la clarté de la narration ne domine jamais sur le reste du film. Les trois acteurs qui jouent le même rôle à trois époques différentes de la vie de Chiron s’accordent comme une seule âme. Portée par une mise en scène lyrique et colorée comme un rêve, Moonlight se caractérise par un rythme lent pour montrer le développement émotionnel de son personnage. Ici les silences permettent à l’intensité et au drame d’une séquence à prendre de l’ampleur. Jamais clinique, Barry Jenkins fait de Moonlight un film sur la découverte de soi et de sa place dans le monde. Ravissant et exquis, Moonlight ne peut se qualifier autrement qu’exceptionnel.

10/10

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