L’homme meurt sans effroi, la femme sans courage…” Aurore, cinquantenaire, sans emploi, a du mal à tenir la route face à la vie de ses filles, et au retour d’un amour passé. Rajoutez à ça les bouffées de chaleur créées par la ménopause et vous avez là le portrait dressé par Blandine Lenoir d’une femme qui essaie de se repositionner dans la société et dans sa propre vie.

Porté par une interprétation douce et pudique d’Agnès Jaoui, Aurore est un film bien pensé, et non bien pensant, sur la maturité féminine. On pose la question de l’âge des femmes au sein d’une société qui voudrait tout cadrer. Blandine Lenoir signe son scénario avec bienveillance et ne s’inscrit jamais dans un débat, mais veille avant tout à se concentrer sur ce que tout cela implique à son personnage principal. Aurore a du vécu, et l’inculque à ses filles, la première à peine sorti de l’adolescence, et la seconde sur le point de devenir maman à son tour. Comme elle aussi a encore à apprendre de personnes plus âgées. Tout cela crée une cohésion dans le film, où chaque tranche d’âge se nourrit d’une autre.

Mais ce qui frappe le plus ici, c’est la simplicité des émotions évoquées. Le film n’a jamais besoin d’appuyer fortement son propos pour nous le faire ressentir. Rien n’est reluisant, et pourtant cela n’empêche pas au film de nous bercer dans des moments plus drôles ou tendres. La relation porté à l’écran par Agnès Jaoui et le personnage de Thibault de Montalembert est l’exemple parfait du ton donné au film – doux-amer. Et même si le film regorge de belles idées de cinéma, il est dommage que par moments la mise en scène puisse paraître un peu fainéante. Cela nous empêche parfois de s’impliquer totalement dans les moments plus légers ou qui veulent un peu rompre avec le reste du film. On pense notamment aux scènes de Mano, la meilleure amie d’Aurore, qui tombent souvent à plat. Mais cela n’entâche en rien la belle énergie émanante du film.

Aurore est un film qui, sous son apparente légéreté, évoque des choses de la vie beaucoup moins glamour. Qu’on parle d’âge, d’amour ou bien encore de maternité, Blandine Lenoir n’enferme jamais son personnage dans un quelconque rôle que la société voudrait bien imposer aux femmes. Aurore cherche sa liberté, ce qui va la rendre heureuse et slalome les obstacles comme elle le peut.