Le second long-métrage de Jeremy Saulnier suit un groupe de punk/rock qui atterit dans un bar du Pacific Northwest pour un concert. Ils ignorent que le bar est en fait dirigé par des neo-nazis, et après avoir été témoins d’un meurtre dans les coulisses, ils doivent se battre pour trouver leur sortie du lieu. Blue Ruin, le premier film de Jeremy Saulnier était un thriller graveleux et violent avec une intensité et un mordant que le genre n’a plus vraiment de nos jours. On pourrait dire du même de Green Room.

Le film est implacable avec une action viscérale et brutale. Les personnages meurent rapidement et sans ménagement, en effet Jeremy Saulnier ne prend pas de gants dans son traitement. L’écriture est crue et authentique – il n’y a pas d’exposition ou de développement de personnages en amont. Aucun des dialogues n’est particulièrement dramatique ou cinématographique – en effet les personnages sont tu avant même de faire de grands speechs. Les actions et les événements ont de réelles conséquences, et l’entièreté du film, du script à la mise en scène, en passant par les performances des comédiens semblent subversivement réels.

Le casting est d’ailleurs phénoménal et en particularité les deux têtes d’affiche, à savoir Anton Yelchin et Patrick Stewart. Ce dernier joue à contre courant d’une excellente manière, et n’a pas à en faire des tonnes pour imposer de sa présence, commandant chaque moment avec une telle autorité et un tel pouvoir, même avec des dialogues hors-champ à travers une porte fermée. Anton Yelchin est lui aussi fantastique avec une empathie appréciable en tant qu’un garçon simple jeté dans une situation extrême et tendue.

Green Room possède une structure de troisième acte très surprenante et unique. Le film prend un virage à 180 degrés et devient surréel et calme. Le ton devient mélancolique et anti-cinématographique. S’en dégage alors une force qui le démarque de la production actuelle des films du même genre.  Jeremy Saulnier signe un film parfaitement écrit et interprété avec une mise en scène claustrophobique et remplie de suspense.