States Of Grace nous raconte l’histoire de Grace (Brie Larson), une conseillère travaillant dans un foyer pour adolescents en difficulté. Mais Grace a ses propres cicatrices émotionnelles, et elle lutte contre ses propres démons qui reflètent ceux des ados avec qui elle travaille. States Of Grace (Short Term 12 en VO) est un petit film mais profondèment impactant avec un coup de poing émotionnel sans complaisance.

Brie Larson délivre une performance à la fois toute agitée et en retenue, qui conduit le film  vers une intense examination de la peine et du trauma. Son personnage est si bien écrit qu’elle est naturelle et compliquée à la fois, jouant sur les émotions et la nature impulsive de l’être humain. Sa relation avec une jeune fille jouée par l’excellente Kaitlyn Dever est touchante, et le parrallèle décrit sur leurs états de victimes d’abusement crée le coeur du film. L’émotion ne faiblit jamais et l’histoire du film nous emmène sur des chemins que l’on ne soupçonnerait pas.

Les thèmes sont lourds mais représentés avec une sincérité profonde. Rien n’est édulcoré, et les moments d’horreur et de dévastation font surface comme ils le devraient avec ces jeunes adoslescents et leurs personnalités contradictoires. Les seconds rôles sont superbes comme John Gallagher Jr. ou encore Lakeith Stanfield qui joue Marcus et en ressort avec une performance déchirante.  Le film de Destin Cretton a une esthétique très dépouillée avec une lumière naturelle, un travail de caméra à l’épaule et dans l’ensemble un montage très simple qui fait du tout quelque chose de très engageant.

States Of Grace est un beau film; inspirant et plein d’espoir sur les connections humaines et la compassion face au combat. Il porte sur des sujets sensibles avec beaucoup de respect. Son petit budget et son approche modérée permettent à l’émotion d’émerger naturellement du scénario et des performances de ses acteurs. C’est un drame étonnant, minimaliste et modeste avec une profondeur bienvenue sur ses personnages et ses thèmes.